Plus d’un million de personnes ont déjà été vaccinées en France contre la grippe A/H1N1. Une nouvelle étape de la campagne est lancée cette semaine avec la vaccination des élèves de maternelle et primaire dans des centres souvent surchargés. Devant l’affluence, Nicolas Sarkozy a demandé lundi au gouvernement de prendre encore de nouvelles mesures pour renforcer le dispositif, et en particulier d’ouvrir les centres le dimanche.
Depuis le début de l’épidémie, 86 personnes sont mortes en France métropolitaine, selon les chiffres annoncés lundi par l’Institut de veille sanitaire (InVS), qui recensait 10 nouveaux décès depuis le dernier bilan du 27 novembre. Et 137 personnes sont toujours en réanimation ou unités de soins intensifs, selon l’InVS.
Lundi, la direction des hôpitaux de Chartres (Eure-et-Loir) a annoncé le décès d’une petite fille de six ans, qui ne présentait « a priori pas de facteur de risque particulier ». Elle a succombé samedi au centre hospitalier de la ville à une co-infection du virus de la grippe A/H1N1 et d’un streptocoque A.
Pour faire face aux files d’attente dans les centres de vaccination, « plusieurs centaines d’internes en médecine, de médecins du travail et de médecins du service de santé des armées » vont d’ores et déjà renforcer les effectifs des centres à compter de mercredi prochain, a confirmé la présidence de la République à l’issue d’une réunion à l’Elysée entre Nicolas Sarkozy et plusieurs ministres. Une nouvelle réunion devait avoir lieu mardi à Matignon autour de François Fillon.
Comme annoncé, les plages d’ouverture des centres seront élargies « dès cette semaine, en particulier le mercredi, le samedi et en début de soirée », selon l’Elysée. Et Nicolas Sarkozy a « demandé que les centres de vaccination soient ouverts le dimanche ».
Cette décision prend effet immédiatement, précisait-on au ministère de l’Intérieur, mais ce sont aux préfectures, en charge de la vaccination en centres, de décider et d’organiser au cas par cas, en fonction des besoins, car tous les centres ne sont pas débordés, contrairement à ceux des grandes agglomérations.
De son côté, le ministre de la Défense Hervé Morin a précisé que 100 à 150 « équipes vaccinales », soit un médecin et une infirmière, pourraient être mobilisées « au titre des armées » pour aider à la vaccination des civils.
A la fin de la semaine dernière, plus d’un million de personnes avaient été vaccinées en France contre la grippe A/H1N1, précisait-on lundi à la Direction générale de la Santé. Alors que le rythme de vaccination est actuellement de « 125.000 personnes par jour », « il va falloir en vacciner 200.000″ quotidiennement, a préconisé la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot lundi matin sur RMC/BFMTV. La ministre, qui annonçait samedi que « 1.167 centres » de vaccination étaient ouverts, a reconnu qu’ils n’ »ont pas tous fonctionné », mais promis qu’ils seront « tous » ouverts avant la fin de cette semaine, « avec des plages d’ouverture très augmentées ».
Dans le département des Bouches-du-Rhône, la préfecture, jointe par l’Associated Press, a exclu pour le moment une ouverture des centres de vaccination le dimanche. Mais face à un accroissement de la fréquentation, outre un renforcement du personnel dans plus d’une vingtaine de centres, elle a décidé d’ouvrir le vendredi les centres d’Aix-en-Provence, Aubagne, Marseille et Gardanne. De même à Aix-en-Provence, Aubagne, Marseille et Martigues, la préfecture prévoit l’installation prochaine d’un « centre de vaccination de grande capacité », et un autre de taille normale à Gardanne.
Ce renforcement des moyens intervient alors qu’une nouvelle vague de population va déferler dans les centres. En effet, les élèves de primaire et maternelle, de 24 mois à 9 ans inclus, soit environ 6,6 millions d’enfants, sont appelés à se faire vacciner, non pas dans leurs établissements comme les collégiens et lycéens, mais dans les centres de vaccination, accompagnés par leurs parents.
La ministre de la Santé, qui avait annoncé que la vaccination commencerait ce lundi pour les élèves de maternelle et primaire âgés de deux ans à dix ans, a précisé sur RMC/BFMTV que « les bons sont envoyés à partir d’aujourd’hui ». Les enfants seront vaccinés, uniquement sur présentation de ce bon, avec un vaccin « sans adjuvant parce que c’est un peu moins douloureux au point de vaccination », d’autant qu’ils recevront « deux injections », a-t-elle précisé.
Les bons de vaccination pour ces élèves du 1er degré (2,5 millions d’enfants en maternelle et 4,1 millions en primaire, selon les chiffres de l’Education nationale) vont être envoyés « progressivement à partir du milieu de la semaine » par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM), a-t-on même précisé au ministère de la Santé.
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